L’Audace selon Maxime Fourny

Au moment du déclic, à l’aube du défi des 13 startup en 12 mois, qu’est-ce qui vous passe par la tête ? Aucune idée Monsieur le juge. Je vais donc plaider pour la folie. Je ne vois que ça. Comme l’a dit Oscar Wilde « Les folies sont les seules choses qu’on ne regrette jamais », et force est de constater qu’après ces premiers mois de défi, je ne regrette vraiment pas ce petit coup de folie…

Vous expliquez bien dans votre histoire que l’inspiration vient du challenge de Pieter Levels avec les 12 startup en 12 mois mais pourquoi ce défi précisément ?  Globalement je m’intéresse à tout ce qui est différent, à ce qui repousse les limites. Le challenge de Pieter m’avait donc passionné mais il s’est arrêté à 8 startups car l’une d’entre elles a vraiment décollé. M’attaquer à ce défi, tenter d’aller au bout et même avoir une cerise sur le gâteau – la 13ème startup – c’est un petit peu comme m’attaquer à un sommet qui semble vraiment inaccessible, qu’aucun entrepreneur n’a jamais franchi… alors ça me motive à repousser cette limite !

Pensez-vous sincèrement que ces startups seront utiles et viables sur le long terme ?  Honnêtement oui. En tout cas je l’espère et je ferai tout pour. Je souhaite vraiment que chacune de ces startups réponde  à un besoin et soit viable. Bien-sûr je les ferai évoluer dans le temps, les fameux « pivots ». La première version de chaque site est volontairement très simple, car elle me permet de tester le cœur du service, l’intérêt pour ce type de solution, et les évolutions que les utilisateurs me demandent. Et petit à petit je corrigerai et adapterai les différents services, tout en automatisant au maximum les processus de chaque startup.

Allez, avouez-le, ne s’agit-il pas là d’un gros coup de comm’ ? Ou alors vous voulez marquer l’histoire et impressionner le fiston ? En fait je le vois surtout comme un laboratoire, un champ de liberté et de créativité. Ce défi me permet de travailler sur ma gestion du temps, sur les bons outils et les bonnes méthodes pour lancer et développer rapidement des projets. Evidemment, ce défi est aussi un peu pour impressionner le fiston… arf, je suis démasqué ! En tout cas j’espère lui montrer qu’il est précieux de garder cette incroyable envie qu’il a déjà de tenter, de découvrir, d’apprendre.

Les deux premières startup de l’aventure concernent le milieu entrepreneurial, en sera-t-il de même pour les suivantes ? Mais non, je ne suis pas un monomaniaque de l’entrepreneuriat ! Je n’ai pas encore d’idée pour les startups suivantes. En général, le lendemain du lancement d’une startup je me dis : « alors, c’est quoi la suivante ? ». Je suis mes envies du moment, c’est aussi ça qui me plait dans ce défi. Ce qui est sûr c’est que j’aime traiter les besoins que je connais et les sujets qui me passionnent : vivre et entreprendre autrement. Alors les premières concernent le « entreprendre », et d’autres concerneront à coup sûr le « vivre » ! Mais honnêtement, si un matin je me lève avec l’envie de faire une startup qui fait des bonbons au goût mozzarella-maroilles, je la ferai aussi, et ce sera une expérience sympa. Qui sait, il y a peut-être un marché en Italie du Nord ? Enfin bon c’est une image, rassurez-vous !

Vous réalisez ce défi en parallèle d’une autre activité, avez-vous l’impression d’avoir dû faire beaucoup de sacrifices pour en arriver là ou vous êtes ?  À vrai dire, j’ai même pas mal d’activités en parallèle : entrepreneur, prof, consultant, développeur, conférencier, etc. Mais c’est un mode de fonctionnement qui me convient parfaitement. J’aime faire beaucoup de choses différentes et faire des liens entre toutes les choses que je vois ou apprends. Ce qui est étonnant c’est que je travaille beaucoup moins aujourd’hui qu’à mes débuts dans l’entrepreneuriat, et les résultats sont bien meilleurs ! Je croise quand même les doigts… Je réfléchis beaucoup à ce qui crée de la valeur ou non pour éviter de faire trop de sacrifices justement. Je gère mon temps comme le plus précieux des actifs, en essayant d’automatiser tout ce qui est automatisable, et en sous-traitant ou supprimant ce qui demande trop de temps par rapport à la valeur créée.

Quels sont les traits de votre personnalité indispensables dans ce défi ? J’ai une insatiable envie d’apprendre et de FAIRE. J’aime également relativiser les choses, ce qui me permet de prendre avec humour les petits soucis du quotidien.

Et à l’inverse, ceux qui ont eu tendance à vous freiner ? Avec le temps, j’apprends à canaliser mon envie de tout tester, de tout apprendre, pour éviter que cela ne limite ma capacité à produire du concret. C’est pour cela que je gère mon temps très précisément, cela me permet de m’obliger à trouver et aller au bout de mes envies, de me libérer des créneaux d’apprentissage/test… comme par exemple le temps que je libère pour ce défi, qui est on ne peut plus concret

Pour vous, faut-il entreprendre à tout prix ? Certainement pas ! Je lutte contre le clivage traditionnel entre le salarié et l’entrepreneur. Le salarié serait celui qui vend son temps, gagne bien sa vie, prend de belles vacances mais ne serait pas épanoui et ne peut rien essayer, alors que l’entrepreneur serait celui qui prend toutes les décisions et adore sa vie mais ne gagne rien, mange des pâtes, ne dort jamais. Je caricature à peine.  Pour moi entreprendre c’est avoir envie de créer ou de répondre à un besoin, quelle que soit sa situation du moment, même en parallèle d’une autre activité et en étant salarié par exemple. D’ailleurs la troisième startups lancée, The Siders est justement sur ce thème.

Quelle est votre définition de l’Audace ?  Ok, si vous insistez je tente une définition : L’Audace c’est vous mettre face à ce qui vous retient, le regarder bien droit dans les yeux, fixement, profondément, puis lui mettre un bon coup là où je pense ! Je vous laisse voir avec le petit Robert s’il souhaite intégrer cette définition.

Y-a-t-il quelque chose que vous n’avez jamais osé faire ? Ne pas répondre directement à une question pourtant clairement posée. Voilà, c’est fait !

Le conseil qu’on vous a donné et que vous n’oubliez jamais ?  « Avoir en tête la destination c’est bien, mais profiter du chemin c’est encore mieux ».

Celui que vous donneriez à quelqu’un qui voudrait se lancer ? L’entrepreneuriat est un marathon et non un sprint donc ménagez-vous, investissez en vous-même, travaillez sur votre épanouissement et anticipez pour tenir la distance physiquement, financièrement et moralement.

Quel est votre crédo ?  « The future depends on what you do today » Mahatma Gandhi. J’aime tellement cette phrase qu’elle est en signature des emails que j’envoie aux heureux lecteurs de ma newsletter qui a d’ailleurs un taux d’ouverture incroyable !

Selon vous, qu’est-ce qui pousse un jour un individu à faire preuve d’Audace ? Avoir lu une interview comme celle-ci ? A vous de me dire, et de faire preuve d’Audace après avoir lu cet article. Allez, lancez un truc puis contactez-moi pour me raconter. Maintenant !