Astha La Victoria !

Ah… Astha ! L’Audacieuse hyperactive qui ne reste pas une seconde assise et qui, malgré ses trente bougies ne semble pas assagie. En assoiffée de la vie, elle méprise les assistés et leur esprit « corporate. » Assurément, avec la hargne, sa fidèle associée, Astha assure et Astha s’assume. Raison ? Passion ? Elle refuse de choisir, certaine d’être assez souple pour tout assortir. Assez ! On vous laisse découvrir une jeune femme comme on les aime, capable de faire rougir le soleil de Boney M.

Un métissage égyptien-camerounais qui laissait tout envisager, sauf un échange terne et une personnalité monochrome. En même temps, quand on a le Hip Hop dans la peau, l’Afro Beat dans le sang et la New Soul dans l’âme… Assistante d’éducation pour inspirer, chanteuse de Gospel, Chroniqueuse radio et directrice d’asso pour expirer, elle est un véritable couteau-suisse. Alors, quand elle s’ouvre, forcément, cela laisse des marques : « quand on me demande ce que je fais dans la vie, je ne sais pas répondre. Je ne suis pas médecin, vendeuse… Je suis. » Si Astha, touchée par l’arrestation de son père militaire, rêve encore parfois de traverser, en présidente ou diplomate, le Brésil, le Mali ou le Ghana – « pour sauver le monde » – elle ajoute en plaisantant : “ mais bon, j’ai d’abord été embauchée par le groupe EDF pour sauver… les gens sans électricité ! “ Un début de parcours qui semblait bien trop câblé pour celle qui se décrit comme « une allumée ». Noir. Lumière. Noir. Lumière : « Un jour, je me suis réveillée et je me suis dit : bon, Astha, tu vas passer à l’acte ? Je suis partie au Cameroun pour me ressourcer ; je suis rentrée guidée par ma bonne étoile, et j’ai sauté ! »

Ses dés lancés dans le grand Monopoly de sa vie, elle flirte avec l’inconnu et se sent prête à se débarrasser des peurs accumulées : « je me suis dit : allez fonce maintenant ! Va où les portes s’ouvrent, qui sait, une porte te fera peut-être ouvrir une fenêtre ! » Révélée dans un atelier de mixage, pour son bagout et sa personnalité, elle commence immédiatement à travailler chez Electrophazz, groupe d’électro jazz lyonnais : « je n’avais pas de matériel et je n’avais mixé qu’une seule fois mais j’étais convaincue que j’allais apprendre sur le tas ! » Depuis, personne n’est parvenu à arrêter Djette Astha ; sa pugnacité l’amène même à animer une chronique radio New Soul & Afro Breat. Il est bien loin le temps du bitume sur lequel elle pensait tomber il y’ a quelques années : « je me suis retrouvée au MamaShelter à Paris, à rencontrer des pointures, encadrer des artistes de l’atlantique noir, c’était génial ! »

Si son rythme de vie est épanouissant, il n’est pas sans sacrifices privés et financiers. Souffrant d’une image de « troubadour » au sein de sa famille, Astha se souvient de la première mission donnée par sa mère dès son arrivée en France : s’élever dans la société en apprenant l’anglais et le français : « elle me répétait toujours : laisse tes loisirs être tes loisirs ! » Tiraillée, elle se met à envisager un retour à la case EDF. Suite au décès brutal de son père, une nouvelle force l’anime. Cette force, elle la nomme sa « meilleure psy », car elle est celle qui lui permet de continuer à croire en ce qu’elle est. Poussée par un prénom dont l’origine signifie « celle qui porte le monde », Astha se remet donc à porter ses bagages de rage et de projets : « on m’a éduquée en ayant peur de qui j’étais et j’ai fini par me comprendre et me trouver. Par exemple, avant, je n’assumais même pas mes cheveux naturels. Et puis c’est quoi ce mot « naturel », des cheveux, c’est des cheveux, non ? »

Valse à mille temps, le monde d’Astha est un espace riche et vivant dans lequel « l’amour est le seul moteur de celui qui entreprend ». Au-delà de toutes les contingences, elle considère que la dernière mission de chacun est d’être capable de laisser un témoignage de son vivant. Si, par ses racines, Astha a suivi les pas de son père – son premier modèle d’Audace sur cette grande terre – elle n’a jamais cessé de se répéter les mots d’Oprah Winfrey : « follow your passion, it will lead you to your purpose. » Et l’audacieuse d’ajouter en riant, « et puis j’ai aussi comme objectif de trouver ma moitié. Comme on dit, à chacun sa chacune ! »  Maintenant que Dieu lui a donné la foi, faites qu’il entende ses prières et lui envoie Monsieur Astha…