L’AUDACE JUSQU’AU DERNIER ÉTAGE

Coups de balai au plafond après 22 h, sourires narquois le lendemain matin… Dans votre appartement trop petit, la musique dérange vite vos voisins. Difficile de profiter d’une nuit déjantée sans passer pour le locataire bruyant – cible à égorger – après une soirée bien arrosée. Pour vous échapper, montez vite vous réfugier à l’Étage ! Notre équipe y est déjà pour découvrir ceux qui investissent des lieux atypiques et insolites gracieusement prêtés par des lyonnais. Le Nirvana en somme! Un concept créé par des Audacieux, avec des Audacieux et pour des Audacieux. Alors, vous vous en doutez, en ce soir de mois de mai, la Team TRAFALGAR n’a pas manqué de s’aventurer à leur soirée ! Surtout que des bruits racontaient que l’Audace allait prendre encore plus de hauteur sur le rooftop caché du quartier Jean-Macé ! Perchées de cette façon, le vent nous a bien décoiffé, mais bien moins que Lena & Joseph, les deux des fondateurs de l’Étage Folk ! Allez, on vous emmène tout là-haut et on vous invite à entrer dans cette ambiance intimiste et… toujours plus folklorique !

Un, deux, trois, un deux, trois… La cadence commence. Laissez-vous guider, l’Étage Folk n’est pas à sa première soirée car c’est depuis décembre 2013 et une fois par mois que l’association invite les lyonnais à découvrir des groupes locaux et leur atmosphère éloignée des structures stéréotypées : « On veut proposer quelque chose d’ouvert, de familier » précise les deux frangins dans un élan naturel. À chaque coup de cœur, une soirée orchestrée dans le but d’atteindre un accord parfait entre musiciens et invités. En même temps, peu étonnant que leur partition soit menée à la baguette par Joseph, un batteur aguerri et Léna, une étudiante en commerce qui a toujours été bercée par la musique. S’ils confient sans détour que les fausses notes sont inévitables, sachez que la fratrie n’a jamais baissé les bras et qu’elle s’est toujours montrée prête à repartir crescendo! Cette soirée – comme “un gros pari” – en est largement la preuve ! Et rassurez-vous, le concept est loin d’être usé et prévoit déjà de se renouveler à La Belle vie, une nouvelle auberge de jeunesse atypique fraîchement pensée par la grande sœur. Musiciens, simples mélomanes, entrepreneurs et Audacieux, les fondateurs ont toutes les casquettes pour permettre à l’Étage Folk de prendre encore plus racine dans le paysage lyonnais. Dans l’attente, ils font pousser les graines d’artistes, dans leur monde « à la cool », où les opportunités fleurissent. Parmi eux, LMK, jeune chanteuse de Rub a Dub et les 7 musiciens de Charlie and the Soap Opera.

LMK, à seulement 20 ans, n’a pas peur d’imposer son style ragga. Quelques reprises d’abord, aux côtés de son guitariste, qui laissent vite place aux chansons de son nouvel EP « Starting Blocks ». Un nom sans grande surprise choisi par Eve-line pour rappeler sa manière de vivre sa passion à 200 à l’heure : « Et dans trois ans, je courrai à 500 km/h ». Il faut dire qu’à 15 ans, LMK donnait déjà de la voix mais c’est après 12 années au Conservatoire de Lyon qu’elle se décide à troquer les cordes de sa harpe contre ses cordes vocales : « La musique, c’est ça l’Audace. Réussir à vivre l’expérience entièrement en acceptant de laisser sa vie extérieure de côté ». Jeune, mais loin d’être inconsciente, LMK fait fi de la vie qu’elle devrait avoir à son âge, préférant délaisser les bars pour mettre la barre plus haute. C’est seulement face à son public, qu’elle se déconnecte enfin de la réalité : les mains se lèvent, les corps se déhanchent, les lèvres fredonnent…Même Fourvière, cachée derrière elle, se met à rougir. À peine le temps de s’en remettre, le public est déchaîné devant Charlie and the Soap Opera.  Thomas, Romain, Julian, Alex, Mathieu, Rémi et Clémentine : trompette, saxophone, guitare, batterie et basse, depuis 2011, le noyau dur est au complet pour donner de la voix et lever les choeurs au rythme de la soul-funk. Mais alors où est Charlie ? Charlie, c’est l’oncle pianiste du chanteur. Ainsi, ce soir, c’est aussi l’homme qui résonne sur les façades des immeubles lyonnais. “Les fesses bougent !” lance Joseph, enchanté d’avoir misé sur les bons Audacieux ! En même temps, comment se tromper vu les armes qu’ont déployées ces 7 guerriers : “Si on n’est pas comme ça dans le monde de la musique, on finit par se casser la gueule! Il faut surmonter les dangers, plonger tête baissée, même quand c’est risqué ”. Dans ce milieu, aucune place laissée pour les petits joueurs. Seuls ceux qui n’ont pas peur de faire des “sacrifices” et de refuser “des engagements plus sécurisants” pour leur passion peuvent réserver leur ticket. Et comme une soirée musicale n’est jamais assez Audacieuse, c’est une première, Lena & Joseph ont également sollicité deux partenaires supplémentaires..

Benoit et Thibaut occupent le premier spot sur le rooftop. Parés de leur tablier, ils présentent leur concept Hot Globe… à leur sauce! Si le projet est né dans la cuisine d’un Australien connu pour ses hot-dogs originaux – « On a détourné l’histoire des explorateurs, ces grands gourmands qui goûtent les recettes de chaque pays pour les améliorer » – les voilà prêts à donner un bon coup de fourchette à Lyon pour présenter leurs recettes telles que “Marco Polo” ou “Jean Mandeville”. Si leurs études en science de gestion devaient inévitablement les emmener loin de la restauration, Thibaud et Benoit ont préféré “refuser le chemin déjà tracé” et partir à la rencontre des aventuriers lyonnais. C’est faux, toutes les bonnes choses n’ont pas une faim, car  vous pourrez les retrouver, dès la rentrée des classes, derrière leurs propres fourneaux. “No time for dreaming” – célèbre chanson de Charles Bradley, nouveau nom de leur société, on dirait que tout est prêt pour donner de la saveur à la rue Constantine. Deux cuisiniers culottés et qui, comme vous, feraient mieux d’aller faire un tour du côté d’Anais Shivani. Attention, vous êtes prévenus, l’Audacieuse a horreur des hommes amoureux de leurs caleçons troués. Du coup, elle conçoit les dessous pour vous ! Après des études en commerce à Montpellier, une école de mode à Bordeaux et la découverte de « l’up-cycling » en Allemagne, la jeune femme partenaire de l’Etage Folk, a tous les dés en main pour rhabiller la gente masculine : « Quand j’ai fait une étude de marché, le critère numéro un pour les hommes c’était de s’assurer que leurs bourses soient bien posées », dit-elle en riant. Tissu recyclé, bouton vintage unique, fait main, série limitée, Anaïs coud pour mieux aiguiller les hommes dans leur intimité. Un projet amusant qui sort de ses tripes, et qu’elle n’a pas fini de broder! Et même si la jeune créatrice projette de créer son workshop aux côtés de son compagnon, elle ne compte pas s’arrêter de tisser des partenariats, surtout quand ils sont aussi Audacieux que l’Étage Folk. “ Cette association, elle agit en souterrain, un peu comme dans le Berlin d’avant ! Ils n’ont vraiment pas froid aux yeux ».

Ces voix et ces visages, ce sont ceux de l’Etage Folk, mais aussi ceux de l’étage d’à-côté ou de l’immeuble d’en face… Leur point commun ? Tous sont …bourrés… d’Audace. Et croyez moi, les invités n’ont pas eu l’air non plus d’en manquer ! La Team n’a donc pu s’empêcher d’aller subtiliser les plus gros coups de Trafalgar de la foule : « aller surfer pendant une alerte requin à Sydney » (Benoit) « Tourner dans un clip d’un groupe belge, je n’avais pas de gel ni de crème. Du coup, je me suis tartiné le visage de beurre breton demi-sel avant de poser un masque en plâtre sur mon visage » (David) “La blanquette de veau que j’ai faite avant de venir ! ” (Rosie) “Partir pour un tour du monde et oser enfin envisager ce que personne n’ose faire ” (Rémi). Si personne n’avait répété, la beauté de ce genre de soirée, c’est aussi que l’Audace instantanée finit par donner des idées : « Dans ces moments-là, on se rend vraiment compte qu’on ne prend jamais de risques » (Mélody). Merci l’Étage Folk “c’était audacieux de donner rendez-vous au 8ème étage avec un vent de fou, en plein air, en plein centre-ville et de prouver qu’il faut se donner les moyens de réussir”, votre Audace fait du bien !