L’engagement en roue libre !

Au début, pédaler, s’essouffler. Lutter contre les vents contraires, la côte est raide. Se demander qui parviendra à atteindre le sommet. Le souffle coupé, se laisser porter par l’endorphine, ne plus vouloir que l’effort se termine. A force d’entraînement… ça viendra peut-être. Les blessures s’estompent, le coeur s’emballe toujours plus et cette sensation devient addictive. Comme de grands sportifs, il faut garder cette endurance et se promettre de ne plus s’arrêter. Etape par étape, on finira bien par se forger un coeur d’athlète. Regarder le chemin parcouru et réaliser qu’on en a fait des kilomètres. Cette semaine, la Team TRAFALGAR s’est laissée emporter par ces deux amoureux, Laetitia et Maxence, pour qu’ils nous confient leurs sept premières années en tandem. Parce qu’après tout, si l’Audace c’est d’être artiste, chanteur, pâtissier, créateur, quoi de plus dopant que d’entreprendre la vie à deux ?

Lors d’une soirée étudiante à Clermont-Ferrand, une soirée arrosée comme tant d’autres, Maxence et Laetitia se rapprochent sans trop flirter : «L’amour ne nous tombe pas dessus comme ça, c’est une intox » affirme le duo inséparable depuis 2008. Bizarrement, nous à chaque fois ça nous est tombé dessus comme ça alors qu’on n’avait rien demandé à personne. Eux, ils ont été amis pendant plus de six mois avant d’envisager leur relation sous un autre angle. Les deux auvergnats d’origine n’ont pas eu le coup de foudre, ils l’avouent sans complexe. Ça c’est de l’audace : « On s’est rendu compte petit à petit qu’on s’entendait vraiment bien. Ca s’est fait naturellement ». Et toi, de ton côté, Audacieux qui nous lit tu ne pédales plus, tu rames ! Devenir les intermédiaires pour un autre couple d’amis, forcément ça rapproche (j’ai commencé une liste quand je les ai rencontrés : comment devenir la moitié parfaite, tu devrais en faire de même) ! Et puis Maxence saute le premier pas et l’aventure commence. Nous, on a la roue crevée, on attend sur le bas côté et on admire le tandem pédaler sans relâche. Plusieurs mois durant, ils transportent sac à dos et histoires l’un chez l’autre. Très rapidement, ils sentent le besoin d’emménager ensemble. Maxence quitte son cocon, puis c’est au tour de Laetitia. Pas question pour eux de savoir qui jetait les gros cartons pleins de vieux cahiers d’école et de photos d’ex sans importance. Ils se font leur nid naturellement, n’ont peur de rien et sont convaincus d’avoir trouvé « la bonne personne». Ah l’audace… Cela nous énerverait presque, nous amoureux frileux, mais leur histoire n’a rien d’un conte de fée où les princesses ont le mascara impeccable après une baignade et monsieur, les muscles gonflés. Et heureusement ! Laetitia et Maxence ont eux aussi senti le changement de climat après les trois premières années de relation. Beigbeder disait que l’amour dure trois… non rien, écoutons les : « C’est la période où il n’y a plus de jeu de séduction où tu penses avoir tout appris de l’autre. Du coup il faut aller au delà ». Ah bon ? Alors en général, c’est le moment où nous on atteint les 200 km/h pour semer l’autre. Raté, la prochaine fois on tiendra la distance. Pas de mystère pour Maxence et Laetitia, pour une bonne course, il faut de la confiance et de la communication. Pour ça, les deux partenaires carburent à la complicité et n’oublient jamais de se laisser respirer. (Vous comprenez mieux pourquoi votre dernier amour a commencé à faire des crises d’asthme…) « On ne fait pas trop d’efforts pour faire plaisir à l’autre. Et si on ne veut pas, on ne se force pas. Chacun son indépendance », explique la jeune femme de 26 ans. Alors ils courent sur le même terrain sans jamais ressentir le besoin de prouver aux autres leur performance.

Après leurs études à Clermont Ferrand, ils mettent le cap sur Pertuis, près d’Aix-en-Provence. La fonceuse ne se pose pas de question et accompagne Maxence sur le lieu de son stage de fin d’études. Six mois plus tard, le jeune homme trouve du travail à Lyon dans l’ingénierie scientifique. Les deux amoureux changent de colline et optent pour un peu de plat. Enième nouveau départ. Après trois mois de chômage un peu frustrant où elle recherche activement, la forte tête du couple est embauchée au service développement des campus à l’université. Amoureux de la campagne, ils se font doucement au décor de la ville et à leur nouveau train de vie. S’ils préfèrent laisser la routine sur le bord de la route, le quotidien, lui, campe à la maison. En réalité, nous ça nous effraie tous, on n’a pas le courage de sauter le pas. Pourtant les habitudes sont une force lorsqu’elles deviennent des repères. Le tout, c’est qu’elles ne deviennent pas comme des obstacles aux évasions. Vous, vous passez plutôt votre temps à éviter les embûches et à grimper des montagnes russes, pas vrai ? Ayez l’Audace de ne pas laisser tomber dans l’oubli votre relation et, comme eux, une fois par an, quittez le rythme effréné de la vie lyonnaise. Cette année, la Corse. L’année prochaine, les États-Unis. Entre l’envol et le nid douillet, Laetitia et Maxence ont trouvé leur équilibre. Ils marchent l’un à côté de l’autre au même pas de course, aussi sur les circuits sportifs qu’ils arpentent le week-end. « On se fixe des challenges dans des endroits différents ». De quoi maintenir ce couple en bonne santé qui sait se préserver et qui n’a jamais pensé à se mettre de bâtons dans les roues. Finalement, en chemin, on comprend à quel point le courage de l’un fait la force de l’autre : « Sans lui, je n’aurais jamais pu être là où j’en suis maintenant. Sans elle, je n’aurais jamais pu vivre loin de mes proches, je ne me supporte pas seul ». Ca tombe bien. Pour eux, il n’a jamais été question d’être dans les temps… de la séparation et de l’infidélité.

« Aimer c’est plus fort. Etre amoureux c’est être épris de quelqu’un et ça peut passer. Après, quand tu es avec quelqu’un il faut les deux pour que ça dure. Moi j’aime et je suis amoureuse ». Maxence, lui, n’a jamais fait la différence. Les deux sont indissociables. Malgré les sentiments, les mythes s’effondrent très vite, c’est certain. Le prince charmant ou la femme parfaite n’ont pas trouvé domicile dans leur appartement. Apprécier les défauts de l’autre et passer les vitesses sans avoir peur de s’emballerc’est ça oser tomber amoureux. Les défauts de l’autre ? Quels défauts ? Nous on préfère fermer les yeux et se ramasser, s’écorcher, rien de plus glorifiant… Si lui est introverti, elle, ça la touche. Si elle est parfois trop maniaque, lui, ça l’arrange. Finalement, tout le monde trouve ses marques sans forcément faire de concessions ( efforts.. votre partenaire est même allé vous parler de sacrifices ). Mais cela n’empêche pas les disputes ridicules et éphémères : « Laetitia va descendre les poubelles à 23h le soir alors que ça peut attendre le lendemain », rit Maxence.

« Laetitia m’apporte la dose d’audace qu’il me manque ».  Même si Maxence sait la calmer quand elle s’éparpille, il l’admire pour cette force qu’elle a de toujours tout donner : « Elle est très courageuse parce qu’elle a traversé de rudes épreuves. Elle a perdu sa maman. Moins stressée que moi, elle relativise davantage les choses ». L’admiration se fait sentir dans la voix timide de l’amoureux. Alors s’ils se tirent l’un vers l’autre jusqu’au sommet de l’Audace, le résultat pourrait bien être époustouflant. Certains ont peur de s’engager, eux ne voient pas pourquoi ils s’en priveraient : « Encore cinquante ans comme ça », se disent-ils.  On a perdu le lecteur ? Alors… Après ce portrait, tu as plus de mal que les autres semaines à te dire que toi aussi tu vas te lancer ? Cela ne signifie pas (toujours) être enchaîné, il parait que l’amour c’est aussi le fait d’être libre de pédaler à fond, sans jamais lâcher le guidon !