Un duo qui déménage !

Et si demain la Team Trafalgar vous envoyait quelqu’un pour vider vos placards et vous débarrasser de tout ce que vous ne remettrez jamais ? Au-delà d’une armoire aérée, vous imaginez déjà de lourds cartons portés par de gros bras musclés. À tort, vous croyez qu’il faut l’aplomb d’un étalon pour dévaler trois cents escaliers sans dégouliner ! Que tout soit clair, Georges et Robert ont moins de mérite qu’Ermessende et Bérengère. Débarrasoeurs robustes (mais parce qu’elles portent des robes), elles prouvent qu’avec un brin d’esprit et de délicatesse, il est aussi possible d’accomplir des prouesses ! Osez vous faire débarrasser par la « mafia familiale », celle qui s’immisce sans forcer et vous fait rester tout sourire sur votre palier. À peine votre porte fermée, elles laissent même gratuitement derrière elle le doux parfum de l’Audace et de la féminité.

Dans la famille « tolérante et soudée » des Debarrassoeurs, nous ne pouvions que tirer la bonne pioche ! La grande et la petite soeur. Il faut dire que les cartes, Ermessende, trente-trois ans et Bérengère, vingt-cinq ans, les ont déjà bien en main. Parce qu’elles traînent ensemble depuis qu’elles sont nées, ces deux âmes soeurs ont refusé de s’émanciper. Il n’y a pas photo ; possédant à elles deux un jeu des sept familles bien complet, l’album familial avait toutes les chances de s’imposer… La grande soeur obtient une licence d’infographie et après un court passage en tant que graphiste textile pour Salomon, crée Doubichou, sa propre marque de vêtements. La petite soeur n’avait donc plus qu’à suivre le chemin tracé de l’ambition : DUT information-communication, diplôme de l’EFAP Paris et divers postes chez « Marie-Claire », « Warner Bros » et « Paulette Magazine », aux côtés de sa soeur, actuelle directrice de production du support. À Paris, les deux annéciennes commencent finalement à imploser et à redéfinir leurs priorités : déménager et monter leur propre projet ! Sans attendre, elles sortent l’Audace du placard, trouvent une idée et même la signature pour l’habiller. Une rapide danse du « Tarzan boy » pour se lancer et déjà, les cartons sont fermés et prêts à être transportés. Demain, c’est décidé, elles porteront ceux des lyonnais.

Avec leur flair et leur oeil bien aiguisé, les Débarrasoeurs se mettent à repérer toutes les jolies pièces qui méritent d’être échangées contre des espèces. Le torse gonflé – pour réajuster le bustier – elles font d’un projet populaire, une grande famille recomposée. Un profil par semaine, les Audacieuses n’arrêtent pas de galoper ; soucieuses de stocker les bonnes affaires avant la prochaine vente organisée. À cet instant, vous vous dites que si leurs événements rassemblent les petites perles que personne ne veut porter – oui, la paire de Buffalo et le mini haut de votre cinquième rentrée – vous ne risquez pas de trouver votre compte… C’est vrai, même Ermessende l’admet, son dressing c’est un peu… « toutes les femmes de ma vie réunies. » Mais vous pouvez faire confiance aux Débarrasoeurs car elles parviennent, sans détour, à vous sur ce qui peut, ou ne peut plus être porté : « nous sommes là pour les débarrasser, mais surtout pour repérer ce qui peut être revendu. Ce que nous ne prenons pas, nos clients peuvent choisir de le donner », précise Bérengère. Comme quoi, il suffit parfois d’un style rétro et d’une bonne dose de culot, pour faire d’un projet, une panoplie haut niveau !

Dans l’armoire du duo explosif des Débarrasoeurs, une grande place est laissée pour le coeur. Conscientes qu’un dressing n’est autre qu’une vie entassée – plus ou moins bien rangée – les deux soeurs ne pouvaient s’empêcher de penser aux histoires qui y sont entassées. Cette histoire, c’est aussi celle de cette grand-mère qui leur a déballé ses plus jolies robes sixties ; celle de ce fils qui venait de perdre sa mère et qui tenait à agir comme elle l’aurait fait : « il nous a confié que sa mère aurait adoré aider les jeunes dans leur projet, quand il nous a ouvert la porte de son placard, c’était intime et bourré de pudeur », se souvient Bérengère. Une aventure entrepreneuriale qui ne se résume pas aux vêtements et qui pratique souvent, l’échange de sentiments. Sachez que dans la famille des Débarrasoeurs, tout est fait pour marcher… l’une se lève très tôt le matin pour travailler, l’autre préfère veiller tard dans la soirée ; l’une voudrait donner du stress à l’autre, l’autre adorerait pouvoir l’en débarrasser : « notre plus gros avantage dans le projet c’est d’être soeurs, notre plus gros inconvénient, c’est d’être soeurs aussi ! Mais ça fonctionne ! Notre seul peur est que ce projet puisse tuer notre relation. »

S’il est vrai que les deux soeurs se donnent du fil à retordre, elles sont soudées et leur amour est en fer forgé : « Bérengère, même si elle est attachiante, c’est mon bébé, c’est mon bonheur », et cette dernière d’ajouter, « ma soeur c’est un bijou, une sirène, une princesse… » À cette jolie complicité s’ajoute également un joli début de succès, puisqu’en à peine cinq mois d’aventure les seize profils dressés et les cinq ventes organisées ont largement prouvé la structure du foyer. Il ne leur manque plus qu’un local car, à force DE débarrasser, c’est elles qui finissent par être encombrées ! Dans l’attente, Bérengère et Ermessende, avancent confiantes et restent fidèles à leur philosophie de vie : « avoir l’envie d’avoir envie », comme dit Johnny. Labelisées Audacieuses et certifiées meilleur antidépresseur, elles forment un duo dont on ne se débarrasse pas de si tôt !