Les notes parfumées de Nina Fleury

En cette période printanière, les yeux gonflés par le pollen, vous tentez en vain de vous faire désensibiliser. Prenons le problème à la racine : en les fermant, dites vous qu’il est tout de même possible de garder les oreilles ouvertes afin de faire de la musique le meilleur anti-staminique ! Poussée par le vent artistique, notre Team Trafalgar a effleuré le genre de fleur odorante sur qui l’on est forcé de se retourner. D’abord arrêtées sur ses pétales orangées, quand la voix éclose a répandu son parfum musical, nous avons immédiatement voulu recueillir l’origine de son bouquet !

Suite à un premier concert des Rita Mitsouko auquel elle assiste à la fleur de l’âge, Nina Fleury rencontre la musique et veut la faire sienne en devenant… musicienne. Très vite, apprenant le saxophone, la basse et la guitare, elle arrache sa tige à la verte campagne de l’Ain et décide de planter sa graine en ville pour faire pousser son talent sur la scène lyonnaise. Bien décidée à piquer de ses épines l’intérêt du public, Nina intègre l’ENM puis réussit les auditions du conservatoire – un rêve de petite fille qu’elle gravera sur sa peau comme un cri de victoire : « I still got it ! ». Sa réussite fêtée, elle comprend alors l’ampleur du travail et l’exigence des cours de chant puis s’investit sans jamais devenir une fleur fanée ! : « Comme une baffe à l’entrée, j’ai appris à encaisser »… À la fois auteur et compositrice, on comprend à l’écoute de ses chansons que la sève qui l’alimente n’est autre que le flot de la volonté ! Avec elle, vous aurez aussi envie de chanter : « Je ne veux pas de concession, je veux choisir ma direction et je m’entête…jusqu’à en perdre la tête ! »

Courant vers ses objectifs à vive allure mais toujours à la recherche de ses collants rayés black&white, Nina Fleury se plante dans un jardin tapissé d’un univers aussi rétro que déjanté. Inspirée à la fois de Tim Burton et de Michel Gondry, on découvre alors ce que cache cette chanteuse dans son micro : Un timbre teinté de fraîcheur ? Oui, mais aussi une personnalité complètement déroutante puisque son de pot de fleurs est aussi garni d’humour que de malice! On ne peut plus spontanée, Nina refuse même les répétitions calibrées et préfère flirter avec l’improvisation.

Malgré la désinvolture et la folie débordante dont fait preuve la femme aux milles visages qu’on retrouve dans le clip « I Start my life again » sachez que Nina Fleury – l’esprit embaumé des textes d’Alain Bashung – se surprend aussi à échapper des notes à fleur de peau. En effet, même si son aventure à Londres a d’abord influencé l’anglicisme de ses chansons jusqu’à s’admettre trop têtue pour franchir le pas du français, elle est aujourd’hui capable d’enterrer les frustrations et de couper les mauvaises herbes pour dégager dans les deux langues une véritable émotion. Face à la scène de Nina Fleury, en plus de prendre frontalement son engouement et sa vitalité, notre équipe remarque qu’à toutes ses notes, le positivisme s’installe à ses côtés pour nous faire signe. On retient alors qu’au fil de ses chansons, de « Don’t worry » a « An other Day » : « Le message permanent est bien celui du combat : contre la vie, contre les autres et contre soi-même ».

A peine la sortie de son EP savourée, Nina garde à présent comme nouvel objectif professionnel de terminer son album tout en continuant de chanter sur les scènes de musique reconnues par la région. Et son objectif personnel? Une vraie reconnaissance dans le milieu artistique mais une reconnaissance qui conserve le parfum et les arômes de sa liberté. « On m’a répété 15 fois combien il est important de bien travailler son instrument pour être libre de jouer qui on est, à présent, je suis complètement fidèle à ce que je suis ».

Si la Team Trafalgar a d’abord flairé l’audace et la musicalité de Nina Fleury, elleconserve aujourd’hui son vinyle comme un bouquet de fleurs qui continuera à tourner sans jamais se dessécher. Quand on vous dit que les graines d’artistes n’ont pas l’avenir d’un pot pourri…