Informaction internationale

Alors que la Team Trafagar fait chaque semaine grande presse des audacieux qui mériteraient de faire la Une des grands journaux, cette semaine, elle s’est empressée de s’immiscer dans les coulisses de la presse. Un pressentiment nous animait : que le secteur ne méritait pas d’être déprécié par les répresseurs ! À l’époque de l’interrogation oppressante sur la liberté de la presse, nous avons rapiécé leur parcours d’étudiants pressés de proscrire leur passion chronique comme antidépresseur. Pas question de vous presser le citron avec diverses presses d’opinion… Là, il est question d’une presse d’informations peu banale, que l’audace aurait eu tort de ne pas porter à l’international !

Vous pensez forcement que pour soutenir un tel projet, il doit y avoir derrière quelques journalistes de renom. Et bien, d’une certaine façon, vous aurez raison de retenir leurs prénoms : Guillaume, Nathan, Edmée, Baptiste, Nathalie et Florian, des jeunes qui, malgré leur vingtaine, n’ont pas hésité à devenir les piliers d’une équipe de onze motivés. Et vous pouvez croire en nos sources, leur équipe de rédacteurs, traducteurs et dessinateurs, a suffisamment de ressources pour montrer que le journalisme n’est pas en perdition : « On a de la chance car c’est à nous de faire et de réinventer ce que les gros médias ont tendance à laisser de côté » nous explique Edmée. Décidée à faire de sa jeunesse une force, elle ajoute avec une pleine spontanéité : « Notre atout ? Notre temps, notre énergie, notre regard neuf ! » Combinaison de profils hétéroclites sortant de Science Politique, comme Nathan et Baptiste, de faculté de philosophie et d’école de traduction comme Edmée et Nathalie et même de lettres comme Florian qui, encore aujourd’hui, retrace fièrement l’audace d’antan : « En 5ème on devrait écrire un article de presse et j’avais eu 20/20, et j’ai même gagné deux prix de graine d’écrivain » ! Mais qu’importe leurs diplômes, car l’équipe du Journal International, ce sont surtout des acharnés du travail qui n’ont pas eu peur de s’adapter aux rôles : « Quand on a commencé on n’y connaissait rien! On n’avait jamais monté une association, jamais fait de journalisme. En fait on s’est juste lancé en restant toujours convaincus que ça allait marcher » ajoute Nathalie. 

D’abord fondé par Guillaume, au sein de l’Université Lyon 2, le Journal International prend d’abord l’allure d’une « gazette étudiante ». Ne cachant par sa fierté d’être un support papier, en 2012 elle s’émancipe de cette école et fait la rebelle pour « rouler vers le web 3.0 » : « On va plus loin que la version 2.0, plus loin que le simple partage, on va vers l’ajout de contenus ». Alors, pour y parvenir, l’équipe entreprend de recruter des correspondants : Certains sont collégialement recrutés, comme Baptiste et Nathan, face à des personnalités comme Florian, qu’ils disent issues de « la promotion canapé ». Qu’importe leur façon de passer la porte car à l’arrivée, toute l’équipe est prête à soutenir la volonté qu’avait Guillaume de créer un journal qui contiendrait « ce que les médias traditionnels laissent de côté ». Décidée à ne tolérer les coquilles de la presse, cette association à vocation professionnelle , se met alors à créer ce qu’il manquait. Si l’équipe est, dans tous ses articles, portée par un profond désir de neutralité elle confie, sans langue de bois, sa volonté de mettre à la corbeille l’image jaunie du journaliste. L’idée ? Le revaloriser ! Montrer qu’il peut être authentique et impliqué! N’ayant pas pour habitude de laisser la transparence de côté, la Team Trafalgar promet à son tour de ne rien censurer de l’avis de Nathan et Baptiste : « Il ne faut pas lire que des blogs d’opinion et s’attarder sur la multiplication des pseudos journalistes experts. Il faut aussi lire des journaux car à force de voir les mêmes visages partout, il n’y a plus rien d’intéressant »

Autour de ce journal subventionné, sachez qu’il gravite un large réseau de plus de 200 correspondants bénévoles présents sur la majeure partie des continents. Ils sont pour la plupart étudiants en échange, mais tous sont impliqués dans la culture locale et passionnés par l’inédit : « Ils cherchent et grattent ce qui n’a pas été fait! Ils n’ont pas de carte presse mais ils ont leur spontanéité car nous on a toutes les infos à la source, on fait très peu de veille ! ». Pour être certain que chaque profil colle à leur crédo – « du terrain, du terrain et du culot » – et partage leur motivation, le Journal International n’hésite pas à recruter au cas par cas : « On souhaite leur faire comprendre que les trois quart du journal, c’est eux et qu’ils doivent s’impliquer corps et âme » ! Et c’est peu dire lorsqu’on apprend que Pierre, un de leur correspondant en Ukraine, n’a pas hésité à partir chasser l’information avec son gilet par balles : « On peut dire que c’est de l’audace! » ajoute-t-il ! Des Audacieux, donc, qui n’ont pas peur de foncer et de s’investir honnêtement dans de jolis billets sans se soucier de l’intérêt  d’en brasser ou de faire le buzz «Parfois j’oublie qu’on est bénévole et que les autres ont aussi leur vie à l’extérieur, car nous on y est 7/7J, 24/24H» nous explique Nathan, et Edmée d’ajouter : «Quand je passe 4 jours entiers sur le journal, on me dit que je suis débile et que je perds mon temps. Mais c’est mon job et c’est difficile de le faire comprendre aux gens!»; « Disons que pour nous, l’expérience, c’est notre paye du mois, on est dans la machine, dans le feu de l’action et c’est difficile de prendre du recul sur notre implication » conclut Nathalie.

Au-delà de leur maturité et de leur capacité à collecter l’information avec passion, notre Team Trafalgar s’est rapidement attardée sur leur joli esprit d’équipe : « Si Nathan n’aime pas quelque chose, il nous vire. Et il fait ça au moins dix fois par jours ! C’est le petit père des peuples, notre supérieur hiérarchique, mais il n’y a pas de tabou ! » nous explique Florian avant d’ajouter « Par contre, la seule fois où j’ai publié un tweet sans l’autorisation de Baptiste, notre chargé de com’ pointilleux, c’était pour soutenir Lyonnes Magazine ». De l’humour donc, qui n’est pas la pour couvrir de fragiles objectifs. Au contraire, chez le Journal International, on vise haut et on trace loin en se disant qu’un jour ils seront « salarié à vie » du journal, que l’entreprise pourra se créer ou au moins que l’équipe pourra continuer de se professionnaliser en acceptant les challenges imposés par un secteur en perpétuelle évolution. La tête dans les étoiles mais les pieds sur terre, suffisamment pour admettre la mort du papier, mais pas assez pour désespérer ! Quand ils nous disent vouloir créer un « nouveau modèle de journalisme intelligent », comment ne pas penser qu’avec déjà 100 000 lecteurs par mois l’avenir de la presse, ils sont déjà en train d’y participer ?  « Quand il y a moins de 2000 visiteurs par jour, on est déçus… Heureusement, ce n’est pas fréquent! » Si l’audace leur permet de viser les 200 000 visiteurs, on comprend, une fois de plus, que pour eux : « il ne faut pas hésiter à y croire et à y aller ! En réponse au chômage, ayez la réaction de vous prendre en main! » Mais pour vous, fidèles audacieux, j’espère que ce n’est pas un scoop !?