Minute Princesse chez Let’s Dress

Prise d’une envie compulsive de faire peau neuve, je me suis empressée d’aller visiter le Showroom de Let’s Dress. Remake de Cendrillon, me voilà tentée par les bienfaits de la bonne fée qui s’y cache. Des bruits de couloirs racontent qu’elle transforme notre robe de chambre en robe de soirée. Du genre ceinturée, sans encolure, un peu décolletée – pas trop dénudée – à la fois chic pour bosser mais qui reste décontractée. Derrière la porte… Surprise ! La baguette est tenue par une bonne fée plus robuste que prévu. Qu’importe, Let’s Dress est un paradis caché qui nous incite à tout dérober. Certifié et approuvé, la magie opère dès que j’ai trouvé robe à mon bustier. Une happy end sans citrouille car cette fois, j’étais prévenue… Chaque robe doit être rendue !

Dans les cabines de Let’s Dress, deux frères de vingt-quatre et vingt-six ans qui, à défaut d’enfiler des robes, portent l’entrepreneuriat comme un gant. Renaud commence par terminer son école de commerce, Hugues, lui, a déjà refusé une offre d’emploi dans la finance et préféré tracer son chemin. Le monde de l’école est, pour eux, un monde clos. Pressés de se confronter à la réalité du marché, ils intégrent sans traîner, l’incubateur de l’école de commerce de l’EM Lyon. Création, mise en place de processus de vente, relation client, les voilà apprêtés. N’en pouvant plus de voir leurs soeurs acheter une nouvelle robe pour chaque occasion, (« des robes qu’elles ne remettent jamais »), ils ont immédiatement l’idée de relooker l’image ternie de la robe de location. Derrière chaque grand homme se cache toujours une femme…

Dans leur showroom Let’s Dress, les lyonnaises ont l’embarras du choix. Se dresser à leur prochaine soirée au bras du grand Marc (Jacobs), de l’élégant Sandro, du courtisé Kenzo, du beau Valentino ou bien d’un Manoush… Loin de l’univers de la « robe de star à paillettes », Let’s Dress a été pensé, de la robe classique à la plus recherchée, sans perdre de vue cette volonté de démocratiser : « les grandes marques sont connues pour être élitistes et réservées à une tranche de la population, notre idée est de sortir de ce milieu fermé en vantant l’élégance et l’accessibilité. » Après tout, Cendrillon non plus n’avait pas les moyens de porter une superbe tenue pour le bal tant attendu ! Tirez l’étiquette d’une robe en restant détendu, les 300 euros perdent un zéro et le pressing est inclus. Plus d’une centaine de clientes ont déjà conclu…

Let’s Dress ; ou le parcours de deux jeunes hommes qui ne connaissaient rien à la mode et qui ont pourtant eu assez d’Audace pour repenser ses codes : « on a mis du temps pour comprendre le vocabulaire du milieu, à approcher les grandes marques, maintenant c’est bon, on ne passe plus pour des clowns ! » Parfois moqués par leurs amis, jadis toisés dans les grands salons de Paris, Hugues et Renaud aident aujourd’hui leurs clientes à trouver leur robe, avec un regard affûté et un avis tranché : « il faut croire en ses idées et être autocritique, les erreurs sont géniales ! En France quand il y’ a un loupé, on est souvent catalogué ; alors que dans d’autres pays, personne ne te fait confiance si tu ne t’es pas déjà planté ! ». S’ils se sont d’abord confrontés à la clientèle lyonnaise en suivant le vieil adage, « réussir à Lyon, c’est un bon signe pour la suite, » Hugues et Renaud ont aujourd’hui pour ambition d’étendre leur marché. Un showroom à Paris, un site internet sur lequel il sera possible de louer deux robes en même temps, et une certaine volonté à faire cohabiter les robes de créateurs aux côtés des marques les plus connues.

Lecteur, le message d’Hugues et Renaud se doit d’être porté immédiatement, haut et fort, sans passer par la case pressing : « on n’a aucune excuse pour ne pas entreprendre, certains vous diront que c’est cher, d’autre que c’est chaud, qu’il faut les bonnes compétences… Mais ce n’est pas vrai ! Pour cent entrepreneurs, il y a cent parcours différents. Il y a velléité et volonté, alors ayez la volonté ! » Les deux Audacieux louent des robes et pourtant, ils sont aussi la preuve vivante qu’il n’y a pas besoin de décolleté pour décoller ; ni d’une robe longue pour que les marches soient montées, pas plus d’escarpins pour toucher des objectifs hauts perchés.