Glisse ascendance Audace !

Pourquoi Pure Slo ? Il y a deux réponses à cette question, comme à toutes les questions. Celle du savant et celle du poète. Laquelle voulez-vous entendre ? Vous hésitez ? Je vous comprends.

Moi-même j’ai rencontré un savant et un poète, alors que pour Trafalgar, je rencontrais deux forces de la nature rassemblées sous le signe de l’Audace… Vous êtes intrigués, avouez-le. Cela tombe bien, j’adore raconter des histoires, je sens que nous allons bien nous entendre !

Alors que dans mon monde le soleil venait tout juste de se lever et que ses paupières clignotaient encore avec paresse, depuis des heures déjà l’astre de leur propre univers s’était lassé de bailler. Une chose est certaine, notre savant et notre poète ne se complaisent pas dans une amitié futile avec l’oisiveté…

Trafalgar s’est donc rendu fort tôt dans leurs bureaux. Nous attendions ce moment avec impatience. Le savant et le poète sont toujours très occupés, comprenez-vous. C’est le savant qui est comme cela ! Il aime « quand dans l’agenda, cela ne rentre pas ». Lui, c’est Nicolas, et son pendant le poète, c’est Kiel. Ensemble, ils forment un tout, Pure Slo.

Dans leur monde, ceux que nous appelons trivialement des gens sont des riders. Ils ne marchent pas, ils glissent. Ils se coulent dans la street, ils se fondent dans l’onde soyeuse des lacs et filent entre les vagues fibreuses de la mer, ou bien ils brodent dans leur sillage, sur la blanche parka de la neige, trois mots et un bel adage : Glide the good.

Chez Kiel, glide signifie planer. Quand celle qui devait devenir sa petite amie a atterri à New York, ville natale de notre poète, son coeur s’est envolé. Il a vite compris que pour lui le good serait chez elle, là- bas à Lyon « the only place to be », et coeur et tripes ont survolé l’Atlantique en quête de belles histoires à raconter. Son sillage a croisé celui de notre savant, Nicolas.

Nicolas avait tracé sa route de la tranquille Montélimar à la dynamique Lyon, parce qu’il aimait : « son côté outsider. Lyon a moins d’opportunités que Paris mais plus de possibilités. » Notre savant voulait fabriquer, dessiner, concevoir. Il a cheminé avec la prestigieuse INSA, puis il a campé quelques temps un poste dans lequel son rêve ne pouvait s’abriter, alors il s’en est allé, Audace à la main, pour trouver sa voie vers d’autres horizons.

Ce rêve, le voici : il voulait construire un bateau. Il le veut toujours, c’est un combat à vie dans lequel il ne déclarera pas forfait ! Et nous, Trafalgar Magazine, abondons dans son sens ! Car existe-t-il plus belles batailles que celles que l’on remporte en mer…?

Mais en attendant de voir cette ambition s’incarner dans la réalité, nos amoureux de la glisse le font vivre dans les planches, ou plutôt dans les board. Ensemble ils imaginent, dessinent, modélisent et fabriquent des planches pour alimenter la grande communauté des riders. Kiel cherchait une halte où il pourrait laisser sa plume et sa créativité s’exprimer. Nicolas avait un sanctuaire, c’était un concept et un projet, mais il cherchait encore un univers où s’ancrer. Kiel lui a apporté cet univers, et le sanctuaire est devenu une marque à part entière : Pure Slo.

Aujourd’hui, notre savant et notre poète s’amusent du hasard de leur rencontre : « J’adorerais voir les deux maps de notre vie, voir où est-ce qu’on est allés, quand on a été proches l’un de l’autre… », ce à quoi notre poète répond : « J’y avais jamais pensé ! Que toi tu étais sur les bateaux et que moi j’étais en train de faire du skate à New York ».

Dans leur monde, le mot sillage se dit wake. Ainsi, la première planche de Pure Slo fut un wakeboard, la board qui amorça le sillage de succès dans lequel toutes ses petites soeurs n’eurent plus qu’à se glisser. Dit comme cela, cela semble fabuleusement simple, n’est-ce pas ? Pourtant, notre savant et notre poète ont dû se confronter à des eaux peu tranquilles dans lesquelles ils auraient pu s’enfoncer s’ils ne s’étaient pas raccrochés à leurs planches, à leur passion et à leur détermination. Ils ont essuyé des déconvenues, mais ils sont passés outre les coups durs. Kiel a dû apprendre une langue inconnue et s’adapter à une nouvelle culture. Nicolas s’est fêlé l’épaule alors que la saison de la production commençait. Notre savant s’en souvient, lucide mais un peu attristé « Pour être totalement transparent, j’avais six semaines d’immobilisation, alors oui, il y a eu un impact. »

Mais ces obstacles ne sauraient leur avoir fait perdre le Nord de vue.
Ils sont eux, certes, mais ils représentent Pure Slo. L’enjeu est trop grand pour se laisser décourager par les intempéries de la vie ! Rien ne peut rebuter ces deux Audacieux : ils sont passionnés par le ride, ils n’en seront jamais dégoûtés. S’ils pouvaient travailler plus, ils le feraient. Les capacités ne manquent pas, seul le temps leur fait parfois défaut.

Notre savant et notre poète ne frayent pas avec la lassitude, et ils regorgent de projets et d’idées. D’ailleurs, il ne leur faut pas grand chose pour s’enthousiasmer ! Voyez vous-mêmes : un jour, Nicolas part aux Philippines pour étendre l’univers Pure Slo… Il revient « remonté comme une baraque à frites » ! Pourquoi ? Parce qu’on lui a dit oui. Tout simplement.

Depuis, Kiel et lui expérimentent dans leur laboratoire fou où règne « un bazar monstre ». Ils cherchent, se rendent à la croisée des mondes de l’automobile et du bateau pour affiner chaque jour un peu plus leur univers et leurs créations Audacieuses. Ils innovent progressivement, cherchent tout ce qui peut être imaginé et lorsque je les entends nous révéler ce qui les motive, le regard souriant, je me dis que l’Audace est loin d’être leur unique qualité : « Voir les gens qui nous envoient des photos d’eux sur nos planches, qui se font plaisir, c’est le meilleur ». « Il faut prendre tout ce qui est bon et bien dans la glisse, toutes les sensations, toutes les bonnes choses qui gravitent autour de ce monde du ride. », nous dit le poète avant que le savant le complète : « Nous souhaitons produire une seule gamme de qualité, le haut de gamme. Si tu veux faire du wake, c’est le wake Pure Slo qu’il te faut. »

Vous vous demandez certainement, curieux comme moi que vous êtes, comment est ce fameux wake…? Comme dit le proverbe, montre moi ta board et je te dirai qui tu es. Comment donc, ce proverbe n’existe pas? Alors, inventons-le. La board de Kiel est tranquille, posée, c’est la douce et longue Alaia, « je la trouve très simple et honnête, on voit tout de suite ce qu’on peut faire avec ». Comme lui, elle a voyagé. Née au beau milieu du Pacifique, cette fidèle planche très personnelle vit toute l’année avec son propriétaire.
La board de Nicolas elle, est plus vive, abonde en matières et se nourrit de technique, c’est la fort pratique planche à découper ! Ou peut-être plutôt le petit citadin cruiser. Quoi qu’il en soit, à l’image de ses créateurs, la board Pure Slo est toujours unique et originale. Chaque essai est une rencontre : « La meilleure board, c’est celle qui correspond à son rider. »

Intemporalité. Épuré. Matière. Leurs maîtres-mots.
Intemporelle, parce que leur planche connait la frontière à ne pas dépasser « entre le raffiné et le kitsch », et se garde de la franchir. Epurée, parce que le raffiné réside dans la pureté, dans la subtilité de l’esthétique noble. Matière, parce que la noblesse prend vie dans le choix du bois, dans cette diva séduisante qu’est l’acajou, dans le coriace érable, mais surtout dans le fin épicéa, leur favori. « L’épicéa transmet le son, le feeling, les ondes. » C’est ainsi que nos Audacieux multitâches, dans leur (c)u(i)sine-labo multifonctions, font mijoter leurs planches, choisissent l’assaisonnement de résine et de fibres, avec l’aide de leur cuisinier en chef Ludo. Attention, produits consciencieusement triés sur le volet dans le jardin de l’Europe !

Notre savant et notre poète ont conscience de leur force d’équipe. Ils se complètent l’un l’autre. L’un créée les planches, l’autre invente et raconte leur histoire. Ou, plus exactement, il « crée l’univers autour des planches, qui existe déjà, mais qui mérite d’être partagé avec ce côté plus artistique ». Ensemble, ils veulent tracer leur route, et laisser dans leur sillage toujours plus de ces planches qui peuvent vite faire rêver. (La prochaine fois, je vous emmène avec moi).

Nicolas veut « pousser tous les murs » de leurs petits bureaux, Kiel veut « amener le wakesurf à New York ». Mais avant de conquérir la Grosse Pomme, Pure Slo voudrait diriger son regard vers le siège de l’Orange, Orlando, pour faire le point sur les récoltes de l’année et enchaîner avec la prochaine collection, vers de nouvelles contrées et de nouvelles rencontres.

De ce premier portrait, j’ai retenu comme un conseil précieux une philosophie de vie qui m’a touchée-coulée : « Il faut être impatient dans la vie de tous les jours et patients dans la pensée globale. La réussite est un travail dans le long terme, toujours. »

Mais alors pourquoi Pure Slo ? Quelle réponse voulez-vous entendre, celle du savant ou celle du poète ? Les deux ? Il faut bien que je commence par l’une d’entre elles ! … Celle du savant? Très bien, me voici donc qui revêts mes habits de savant : Pure Slo, c’est un concept de quatre mots : Pure Single Lake Object. Vous voulez celle du poète à présent ? Ainsi je deviens poète…Pure Slo, c’est la pureté glissée dans un souffle et un pur souffle porté dans la glisse…