Le dessein de Sophie Bis

Il était une fois, dans la ville de Lyon, l’histoire d’une illustratrice jeunesse capable de plonger les plus grands dans l’univers des contes par le contenu de son coup de crayon. Cesser de priver les adultes de cette magie légendaire en les replongeant à nouveau dans cet univers onirique est son défi premier. Et pour cause, de Peau d’âne au Petit Chaperon Rouge,  les légendes s’offrent à vous sans que vous n’ayez besoin de les relire car derrière un trait-jeunesse bien loin d’être naïf, se cache un talent capable de convoquer d’universels sentiments. Pour autant, ne vous attendez pas au regard de ses dessins à vous cogner contre de vives couleurs trop pures mais plutôt à virevolter du ton ocre au rouge vermillon à la manière d’une feuille d’automne, première source de son inspiration. Ce qui compte pour Sophie Bis, c’est avant tout de dépasser l’aspect technique de ses créations – déjà bien maîtrisé – et d’exiger que ses doigts de fée s’entendent pour retraduire généreusement un puissant univers artistique.

Infatigable, cette grande créative semble habitée par sa passion et c’est avec une force d’acharnement incroyable qu’elle nous confie pouvoir passer plus de douze heures consécutives à travailler une même esquisse ou à s’imprégner des plus grands maîtres de l’illustration comme Rebecca Dautremer dont elle scrute les oeuvres comme des tableaux. Une obsession du dessin entendue comme une perte de contact avec la réalité où corps et esprit ont déjà pris de l’avance dans le voyage où elle souhaite nous mener. Entre numérique et papier, ses croquis ont cependant cette rareté de demeurer émotionnellement personnels parce qu’ils sont chargés d’un désir profond de conserver la fragilité de ses êtres de papier et gonflés d’une volonté d’embellir ses ressentis personnels :« Oui, inconsciemment j’ai tendance à me mettre en scène en incarnant mes personnages ». Une façon donc de se servir de ses sentiments comme une pédale d’accélération et jamais comme un frein.

Très soutenue par son ancienne école de l’EDAIC et face à un Art qui ne méritait plus de grandir dans ses carnets de dessins, elle a fait le choix il y’ a tout juste un an de sortir ses créations de l’ombre et de les conter au monde professionnel. Un ambitieux dessein pour cette dessinatrice qui admet être parfois sous le joug des délais et de la frustration de ne parvenir à donner corps à son imagination. Et pourtant, ses nombreux projets en cours sont eux, bien réels, puisqu’elle se voit déjà récompensée d’un partenariat artistique avec le chanteur Leon : tant leurs univers semblaient être fait pour se donner rendez-vous, ce dernier a fait le choix judicieux de lui confier tous ses visuels. Pour les prochaines collaborations, je cesse d’être conteuse et vous garde une part de mystère. Une façon de « conter » sur vous pour suivre son voyage afin qu’il la mène jusqu’à son accomplissement « illustrer les contes des Mille et Une Nuits et m’y consacrer pendant mille ans ».