Sur le siège de Take a Seat

Loin d’être affalés sur un divan, deux ambitieux jeunes hommes de 20 ans ont été aperçus sur un banc de Lyon…C’est l’ampleur de leur projet qui semblait s’étaler sur une chaise longue. Comme notre équipe fait toujours une place à ses nouveaux talents, « Take a Seat » nous a instinctivement invité à prendre place au milieu de leur carrefour musical. Nous voici donc au croisement de l’instrumental et de l’électronique ! Si les assises de leurs inspirations sont occupées par de grands noms tels que Daniel Avery, Nicolas Jaar, John Butler et Quentin Dupieux, « Take a Seat » se tient surtout debout grâce aux dossiers des fauteuils d’Alan et Paul, deux musiciens qui ne font pas de sur-place. Allez, ne soyez pas timides, chacun a sa place dans cette aventure : « Comme une invitation sincère, nous voulons que chacun y entende – Viens, take a seat, installe-toi ! – »

En délaissant sa formation de commerce international pour se consacrer à ses productions, Alan découvre la musique électronique avec Toxic Boobs, son premier projet monté de toute pièce autour d’un DJ set. Pourtant, envahir la ville de ses mix n’étant pas encore suffisamment audacieux, cet aventurier décide de se donner les moyens d’aller encore plus loin et de créer « Take a Seat ». Même bien installé sur son siège, ce grand coeur semblait bancal, isolé au milieu de ses instruments. Dès lors, pour ne plus « Taker» seul son « seat » dans le silence, il tire la sonnette de Paul. Déjà chanteur, ce dernier ne tardera pas à pousser la porte du Home Studio avec son trio gagnant : guitare-piano-batterie. Disposant de deux profils aux influences très différentes; techno, jazz, rock et folk donnent vie à une osmose musicale rendant évident leur accouplement. Riez, mais d’un couple ils en ont vraiment tout l’air ! Alan est l’amoureux passionné pressé de s’installer, désireux de créer au point de sortir un EP en une journée et Paul est le raisonné, celui qui préfère prendre son temps et s’établir avant de féconder. Ironique, ce dernier confie :« Alan n’a aucune patience, il veut faire des solos sur des morceaux qu’il n’a pas encore appris! ». Admiratif, il rajoute cependant « Mais je crois que j’aimerais être comme lui car il a  une vraie paire de c******(chaussettes?) » Oui, de chaussettes. Au delà de cet accord amical digne d’une union sans fausse note, ce duo électrique fait alors vite place à l’éclatement électronique!

De l’électronique ? Oui, vous l’avez plus qu’entendu dans la bouche de vos parents, « ce n’est pas de la vraie musique! ». Voyez-vous, il fallait bien une raison pour dire que la vérité sort toujours de celle des enfants… Dans la mouvance Deep House où s’enferment nos corps en mouvement, « Take a Seat » se démarque nettement dans leur volonté de vous rasseoir en donnant corps à l’instrumentalisation. Même s’ils évoluent constamment sur la technique du son et qu’ils se disent fascinés par « l’infinité de ce qu’il est possible de créer avec un synthé et un ordinateur », ils restent musiciens avant d’être producteurs. Cachant derrière leur fauteuil une très bonne oreille, ne soyez pas surpris de découvrir qu’ils sont capables de rejouer ce qu’ils entendent avec une grande capacité d’improvisation ! Avec les pistes de « Take a Seat », c’est donc au fond du canapé que votre esprit – au gré de ses humeurs – planifiera son envolée : « Ce qu’on aimerait proposer c’est un album de 24 h qui suivrait votre journée, du son paisible qui vous réveille à celui qui vous accompagne travailler, de la mise en ambiance pour l’apéro jusqu’à celui qui vous fait onduler en soirée, du retour à la maison à celui qui vous aidera à vous endormir… ». Entre le titre Mignardise dans lequel vous aurez envie de croquer, l’attirante poésie de Fakir ou encore la hauteur musicale d’Asian Air, n’oubliez pas de prêter oreille au titre Patriot minutieusement travaillé autour du discours du Général de Gaulle. Après tout, quoi de mieux qu’un symbole fédérateur pour faire lever les foules?

Au delà du voyage spirituel dans lequel « Take a Seat » souhaite vous emporter, Paul et Alan pensent la scène comme objectif premier : Un véritable projet Live où l’un gratte sa guitare, la troque pour un synthé quand l’autre pianote et donne voix à sa batterie tout en ajoutant de la techno. Le but étant toujours de prouver que la musique électronique ne se résume pas à des platines et un ordinateur mais qu’elle se mélange habillement à l’instrumental. Animés par la passion, alimentés par l’ivresse de la jeunesse et ayant une foule de sentiments à communiquer au public, Alan et Paul sont également ici pour vous rappeler qu’il faut croire en ses rêves et laisser l’inspiration s’épanouir : « Nous avons en horreur ces personnes qui affirment que tout était mieux avant ! Il faut apprécier l’époque dans laquelle on vit et prouver qu’avec cette avancée technologique, il reste toujours une place pour faire de la grande musique ». Aucune inquiétude, pour « Take a Seat », elle sera toujours libre…