Synbud ou l’appel du large !

Messeigneurs de l’Internet, bonsoir ! Laissez-moi écourter la chamarre et assourdir les violons : devant vous, rasée de frais, la mèche en vrille et la chemise en vrac, est placée tout à trac de la poussière d’Audace, ou pour mieux dire : sa coagulation…  Ils sont le culot marcheur ! Ils sont la ténacité mouvante ! Ils sont de l’horizon les deux éclats de verre, les copeaux bleus et les tessons – j’annonce et vous présente, lecteurs sans frontières, boit-sans-soif du toupet, les Audacieux de ce mois !

Sophie et Grégoire, qui sont ma foi de fort bon goût, décident tous deux de descendre des hauteurs de la froide capitale et de rejoindre notre lumineuse Lyon, afin d’y terminer leurs études. « A Paris, tout le monde est pressé… Je préfère l’esprit de Lyon ! Les gens y sont plus attentifs, plus enclins à aider. » Grégoire enchaîne : « Et le cadre de vie, le centre-ville, la vie à vélo et à pied, la proximité avec les Alpes… C’est trop bien. » Nos rêveurs sont partis ! Je peux presque voir les murs de leur petit bureau s’écarter sans bruit, l’horizon venir à nous par la fenêtre… Grégoire dit avoir toujours été « un grand voyageur dans l’âme », ses pas le guident dans les grands espaces, loin de la ville oppressante et saccadée d’immeubles ternes, figée dans le béton, ghetto d’une nature qui suffoque. Sophie traînait des pieds quand ses parents la traînaient dans les musées, mais aujourd’hui elle se plaît à se laisser entraîner à toutes vapeurs, par tout parfum de culture qu’elle peut flairer, portée par des mythes, vers des civilisations inconnues.

N’acceptez pas que l’on fixe, ni qui vous êtes, ni où rester. Ma couche est à l’air libre. Je choisis mon vin, mes lèvres sont ma vigne.

Pour les connaisseurs qui l’ont reconnue, si j’ai choisi de belles citations de La Horde du Contrevent pour escorter ce portrait qui me tient à coeur, ce n’est pourtant pas avec elle que voyagent habituellement nos deux explorateurs sans frontières… Sinbad le marin, cela vous dit quelque chose ? Les deux fondateurs du moteur de recherche Synbud ont choisi de lui rendre hommage en empruntant son nom ! Le navire de cet Ulysse du monde arabe était chargé de trésors fabuleux, celui de Synbud en est rempli d’Audace ! Équipage en vue : je vois Sophie, Grégoire, leurs deux stagiaires, et tous leurs amis, leurs familles, véritables flottes « d’ambassadeurs avant l’heure »… Tous ont donc embarqué dans un projet à la pointe de la modernité : une plateforme de recherche où sont répertoriés des blogueurs sans frontières pour que nous tous, voyageurs en puissance, puissions consulter leurs articles et trouver où nous évader de la grisaille du quotidien ! Sophie aime voyager seule, car c’est ainsi qu’elle rencontre, découvre, profite d’être libre. Grégoire aussi met toujours le cap sur la liberté. « Je n’ai jamais aimé l’autorité. C’est pour cela que je me sens si épanoui avec Synbud. », affirme-t-il. Sophie acquiesce, convaincue. « Je ne pourrais pas être plus à ma place que je ne le suis aujourd’hui. »

Nos navigateurs de l’Internet ne rament pas, ils fendent les eaux ! Et ils le font ensemble. « Entreprendre, c’est bien un voyage que je ne ferais pas seule. C’est très intangible, mais ce que je préfère, c’est quand on a une bonne nouvelle et qu’on échange un regard. On lit dans les yeux de l’autre : on l’a fait !! » Dames Complicité, Confiance, et Bonne humeur imprègnent l’atmosphère des bureaux Synbud. Sophie et Grégoire repensent aux messages spontanés de remerciement envoyés par leurs blogueurs, tombés amoureux de leur projet et de leur marché. Nos deux marins voyagent immobiles, tirés de leur vie quotidienne par les liens qu’ils entretiennent avec ces blogueurs formidables, tirés par leur fougue. Une passion ? Un métier ? Ils ne font pas la différence. « Oui, la frontière entre les deux est poreuse, mais cela n’altère en rien notre passion. Cela la renforce. En ce moment, c’est comme si j’étais dans six voyages, alors que je suis ici ! » Mais nos deux audacieux ne perdent pas le Nord de vue. Ils se constituent un quotidien mais aussi une discipline, une volonté, une vision, un horizon.

Soyez complices du crime de vivre et fuyez ! Sans rien fuir, mêlez-vous à qui ne vous regarde, car lointaine est parfois la couleur qui fera votre blason… Le cosmos est mon campement.

Sophie a ce que l’on appelle un « bon karma ». Je propose une petite pause-anecdote… « J’étais toute seule à Sydney, et je voulais voir la mer, au fin fond d’une réserve naturelle. J’ai marché pendant cinq heures sans croiser personne. 32km me séparaient de la mer. J’étais à la moitié. Une voiture est arrivée et son conducteur m’a proposé de m’y emmener. Il m’a montrée plein de coins magnifiques, et m’a raccompagnée jusqu’à une station de métro ! » Un penchant pour l’étendue bleue aux milliers de sourires partagé par son co-équipier Grégoire, dont l’un des meilleurs souvenirs prend place en Irlande, lorsqu’il voit une mer turquoise pour la première fois… Ces deux fonceurs-là partagent aussi leurs fous rires, un goût exigeant pour le travail bien fait, pour l’accomplissement concret de leurs efforts, et surtout les mêmes valeurs. « Nous ne sommes pas prêts à nous prostituer dans ce qu’on fait. Ce n’est pas l’argent qui nous motive. C’est d’être épanouis. » Sophie se réjouit de toujours apprendre de son métier, d’avoir une collaboration du tonnerre, et des bureaux qui leur ressemblent… Une immense carte du monde et des ballons dorés accrochés au mur, leur petit espace de liberté est haut en couleur ! Leur voeu : un monde où voyager ne sera pas néfaste pour la planète, pour préserver des paysages que les générations futures auront aussi la chance d’admirer.

La solitude n’existe pas. Nul n’a jamais été seul pour naître. La solitude est cette ombre que projette la fatigue du lien chez qui ne parvient plus à avancer peuplé de ceux qu’il a aimé…

Sophie et Grégoire n’ont pas peur des sacrifices. Si leur vie professionnelle entreprend, leur vie personnelle entreprend avec eux. « Je suis prêt à sacrifier beaucoup pour ce projet. Il faut juste savoir jusqu’où c’est possible et tolérable. » Grégoire a décidé de se choisir un rythme de vie et de suivre ses pulsations à fond. Aujourd’hui, il travaille tard pendant le week-end, alors que ses amis continuent de sortir le samedi soir. Si un blogueur envoie un message à Sophie à 3h du mat’, elle répond. Ils ont décidé de s’abandonner à cette captivante allure ; entreprendre, vivre où mène l’Audace. Leur entourage les enrobe de précieux encouragements, de touchants compliments. « Le plus beau compliment qu’on m’ait fait n’était pas verbal, c’était un compliment d’action, raconte Sophie. Un mec que je ne connaissais pas et auquel je venais de parler de notre projet en a ensuite expliqué le principe à un ami. Il avait des étoiles dans les yeux. Ça m’a émue ! » Grégoire sourit, il se souvient d’un jour où… « on m’a dit que j’ai les yeux rieurs. J’ai trouvé ça trop mignon ! » Après cet aparté, Grégoire souligne davantage la valeur des compliments muets, ceux que l’on saisit au vol, et qui nous sont si chers. La fierté des modèles, l’approbation, le dévouement. Sophie suit un sentier intrépide tracé par sa mère : « Elle a toujours eut le courage de faire ce qu’elle aimait. Elle m’a appris à coudre, à créer des bijoux… Elle m’a montré que j’en étais capable. Déjà petite, j’étais comme un… un embryon de création ! »

La monotonie n’existe pas. Elle n’est qu’un symptôme de la fatigue. Le divers, n’importe qui peut le rencontrer à chacun de ses pas, pour peu qu’il en ait la force et l’acuité.

Synbud rêve de se donner une existence concrète. Nos voyageurs immobiles veulent se transformer, que le numérique sorte de l’écran pour qu’on le tienne entre nos doigts. Éditer un magazine de papier… Comment ne pas les comprendre ? Eux sont déterminés à aller le plus loin possible, littéralement et dans tous les sens. « Ce qui serait génial, ce serait de voyager en travaillant… Être notre propre marché ! » Sophie et Grégoire savent que la route est longue avant d’atteindre la mer de tous les possibles, mais qui pourrait les arrêter ? Trafalgar, ravi de porter de nouveaux marins sur sa coque, sait que leur boussole pointera toujours droit vers l’Audace ! À bientôt Synbud…et bon vent.