Tout schuss avec les Shooks

Parmi les artistes, il y’a ceux qui dessinent, ceux qui cuisinent, ceux qui combinent avec la doctrine et il y’a ceux qui font le show, qui shantent, qui shakent : qui Shooks. Faire la rencontre de ce groupe de rock, c’est accepter de se cogner violemment contre la scène des Guns N’ Roses et surtout d’ACDC en criant :  « Yeah you shook me all night long » ! Mais si la nuit est parfois longue,  avec eux le tremblement est instinctif et le vertige immédiat.

A l’origine, le groupe s’est d’abord enveloppé d’une douce couverture pop rock mais a très vite été secoué par l’arrivée d’un guitariste, bien décidé à mêler sa hargne au rock pour un son plus hard-rock. Pour célébrer l’alchimie de cette audition le morceau « Die there » s’improvise et sonne leur réincarnation, désormais cela ne fait aucun doute pour le groupe : « Trouver un musicien c’est comme trouver l’âme soeur ». Mais comme la recherche de l’âme soeur est une quête dans laquelle la passion nous laisse sans cesse assoiffé, les Shooks ont incontestablement choisi de mettre la musique au premier rang, quitte à renvoyer études et vie personnelle au banc de touche. Une manière donc pour les membres d’abandonner leur individualité afin de s’abandonner au groupe. Après tout, rencontrer les Shooks c’est donner raison au vieil adage stipulant que l’union fait la force et constater à quel point la rencontre de leurs différentes influences les a solidifié. On prend alors le temps d’admirer un bassiste classique rivé sur le Jazz aux côtés d’un batteur plongé dans le rock des années 80, lui même assis derrière un guitariste aux sons hard rock qui donne le ton juste à la chanteuse pop rock. Vous l’avez compris, les Shooks c’est d’abord un mélange de genre pour une gorgée unique et frappante.

Si la violence instrumentale – l’épice hard rock – n’a rien d’étonnant, les Shooks ont bel et bien un ingrédient miracle détonnant. A l’écoute de « Come on come out », la tête bascule et le talon claque, pourtant, le son hardi se trouve rapidement nuancé par le charme d’une voix suave et féminine abandonnant au micro le parfum de ses lèvres. Dans ce mélange musical, la dureté du rock s’affirme autant qu’elle se canalise car Marlène assume avec brio ce rôle de frontwoman capable d’onduler avec grâce entre la sueur et la testostérone. En effet, aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est souvent au tour des musiciens d’être fragilisés sous le poids des textes aussi fouillés que « You will never know » et à la belle de retrousser les manches en se masculinisant sans complexe : « A travers le groupe, je suis devenue virile, brute, animale ». Cet inexplicable sens de la polyvalence est finalement la preuve de l’empathie qu’ils transpirent les uns pour les autres et le résultat d’un ressenti émotionnel qu’ils veulent avant tout commun. En effet, si la princesse-rock se doit de conter son vécu à ses preux chevaliers – tantôt sages ou errants – c’est parce qu’ils savent habilement absorber ses émotions pour les retranscrire en émo-son. Face aux Shooks, on en fini avec les stéréotypes d’un hard rock qui tape sans toucher et l’avis des garçons est unanime : « Refuser un texte de Marlène, ce serait refuser son histoire » car les notes et les mots n’ont un impact qu’à travers leur contact. Fort d’une amitié solide comme un roc(K), l’harmonie musicale sonne comme une évidence : Marlène écrit, Drew compose, Jérome et Yannis s’attellent au buff, l’un Shooks, l’autre chante… et comme le groupe n’a pas menti sur son nom, il cesse de trembler pour mieux vous entrainer.

Curieuse de s’immiscer d’avantage dans leur univers, la Team Trafalgar a ensuite donné la parole aux instruments du groupe… La guitare de Drew s’est immédiatement présentée comme une femme « Je suis ses 7 péchés capitaux avec le respect en plus », la basse de Yannis comme une petite fille qui parle sans arrêt et qui toutefois mérite qu’on lui tende l’oreille et la batterie de Jérome n’a pas pu communiquer étant trop occupée à l’encourager : « Continues de ressentir comme tu le fais et de rester honnête ». Enfin, le mi-cro de Marlène nous a mi-K.O en nous confiant que l’adolescente du passé serait fière d’applaudir la femme sur scène. Elle est aujourd’hui ce qu’elle a toujours rêvé d’être, et si cette dernière se fait entendre, elle est toujours profondément animée par le besoin de se faire comprendre.

Un premier EP sorti en Novembre 2013, signe d’une consécration, disponible sur Deezer, Spotify et Itunes; Déjà de nombreux souvenirs artistiques comme le Festival « Rock en marche » qui les ramène face un public de 1000 personnes qui ne les a pas laissé quitter la scène ; Un nom qui ne cesse de prendre de l’ampleur mais qui leur fait garder une grande dose d’humanité. Ils sont donc la preuve que le rock n’est pas seulement la suite de 3 accords mais une  attitude à part entière. Tout ce qui fait que les Shooks sont un groupe de choc qui ne fera pas Shoo blanc et qui n’éShoora pas.