JOUR #SONORE : Chronique des Jours tapageurs…

Cette semaine, le Lyon avait un rendez-vous avec la musique électronique et leur rugissement à l’unisson a créé des ondes de chocs sismiques à travers toute la ville ! Une odeur de sucre alcoolisé et de vinyle usé commence a se concentrer dans le quartier de la Confluence. Le Réverbère, réveillé par les basses et secoué par des êtres dansants sur-vitaminés, a enfilé ses plus belles chaussures sales, s’est équipé d’un bracelet magique d’accès, et a sorti sa longue-vue pour retrouver la source de tout ce bruit. De ma lucarne, tout semble calme et pourtant la ville frissonne déjà…

Une chemise à fleur plus tard, je sens déjà cette ambiance solaire marchant à pas de foule des les rues : les lunettes de soleil greffés au nez, les shorts et les rafraichissements à emporter sont déjà les symboles de reconnaissance des fêtards en devenir, présents d’un bout à l’autre de la presqu’île. C’est vrai qu’elle grouille de fourmis festivalières se nourrissant de kilos de décibels, de bières fraîches, de bonne humeur et d’autres joyeusetés. Les jours sonores ont investis les lieux abandonnés de la Confluence, créant une ville éphémère entre vieillerie et modernité. De l’ancien de marché de gros jusqu’au Sucre, les lieux se veulent être jusqu’à la fin du festival, les hôtes de la musique électronique ! J’entends déjà quelques disques s’échauffer doucement sur les platines du Confluent. Les DJ-gourous des après-midi débarqueront avec leur artistes préférés pleins les poches pour mettre le feu aux Sucre(s). Le soleil me lèche la peau et les odeurs de sucre caramélisé qui coule des restaurants-camions font gargouiller mes oreilles et même mon estomac. Je préfère entamer des discussions musicales avec mes voisins de chaise longue que de croquer dans mon gobelet consigné. À l’intérieur, plus un mot n’est entendu. Un nouveau langage prend la relève, les festivaliers me répondent avec des danses endiablées laissant les franges des kimonos tournoyer et les mains s’envoler au-dessus des têtes. Ce ne sont que les préliminaires à la nuit qui se prépare ! Chaque matin, le souvenir de toutes ces danses me font penser qu’on devrait un jour créer un alphabet musical. Je souffle sur les brumes dans ma tête au réveil grâce à quelques disques trempés dans une bière. Chaque courbature est un chamalow que je m’amuse à mâcher et oublier. Les lunettes de soleil atterrissent à l’heure sur mon tarmac nasal, je peux alors coiffer-coller mes cheveux pour qu’ils ne soient pas soufflés par la magie du disco électronique de Motor City Drum Ensemble. Je fais un saut dans le passé du futur et j’emmène avec moi toute la sucrière qui semble déjà vouloir porter des pattes d’eph’ à nouveau et des chemises à paillettes. Laurent Garnier n’est pas en reste, de son îlot centrale il raconte ses histoires musicales et toute la foule ondule de plaisir de manière quasi frénétique. Seth Troxler ferme le bal sonore mais chacun de nous est encore loin de se douter que cette folie immense dans notre inconscient collectif va disparaitre dans les gravas de la cité sonore et devenir une véritable relique dans le souvenir des fêtards – pour des siècles et des siècles !

À l’extérieur de la ville expérimentale, notre Lyon(ne) historique ne perd pas la hanche ! Les EXTRA! sonores éparpillés partout dans le paysage urbain sont une véritable extension artérielle du festival. La Place Rouville (1er) sentait l’huitre et la techno, de quoi faire sauter les crustacés les plus siphonnés. Place Carnot (1er), les joueurs de pétanques n’ont pas eu d’autre choix que de bouger leur boule en rythme sur la musique. Le Bâteau Bellona (2e) a sorti sa plage et enfilé ses lunettes disco pour les après-midi cocktail de soleil. Nos Audacieux du SOFFFA (1er) ont tapissé les murs de peluches pour ne pas oublier qu’il faut se laisser câliner. La plus gourmande Place Saint-Louis a accueilli le marché des restaurateurs, de quoi manger à tous les râteliers. La nourriture, la boisson, la magie sonore coulait dans toutes les artères lyonnaises, le fort de Vaise, la place Rouville, la péniche le Volupté ou encore la Tour Rose ont été assiégés par le bruit, les sourires béats et les danses approximatives…

Bras-dessus, bras-dessous avec le soleil, le Lyon, trop ivre pour pouvoir marcher seul a raccompagné le souvenir du Festival dans les mémoires de chacun de nous, les a déposé le long du calendrier en riant, aux coins des terrasses, aux portes des salles de concerts et des discothèques et à chaque petite buvette qu’il a croisé pour pouvoir jusqu’à l’année prochaine, ne pas oublier de fêter chaque moment de musique et de partage, chaque moment de vie.