NUIT #3 : LA TOURNÉE DES PHRASES

Plus d’un parcours odysséen à travers les sombres tavernes de houblons et les collantes boîtes de nuit m’ont permis de recueillir les paroles littéraires de personnes à moitié saines voire complètement enivrées d’un poison moderne. Après l’apparition de la lune, c’est fascinant de voir la poésie que l’esprit humain est capable d’imaginer, de balbutier et enfin de vomir dans le caniveau. Mes oreilles attentives à la musicalité absurde de ces paroles à demi crachées se délectaient en secret. C’est au coin des fumoirs, des toilettes et des terrasses que j’ai su capturer et recueillir ces moments d’ivresse poétique – voire de poésie ivre. J’ai nommé ce recueil « Nuits de poésivres »

« Je l’ai tellement fait que je suis constamment en décalage horaire » Le Terminal Club, fumoir, un homme.

« Je suis si naïve. Même moi je peux croire à mes inventions » Le Sucre, toit-terrasse, une jeune femme peu confiante.

« Si vous en rencontrez un…et que vous l’aimez…bah tant mieux » Le Barberousse, toilettes pour femmes, une femme convaincante

« Il existe. C’est la pire richesse du monde. Il peut vous tuer. Il peut vous faire souffrir. Il va tuer les méchants » À l’extérieur du Boston, la rue, une étrange femme.

« Elle est partie avec la lumière de mes yeux » Le Sonic, pont de la péniche, un jeune homme attristé.

« Fais attention aux recoins, je vois que tu as une attirance pour les côtés » Le Bec de Jazz, au coin des toilettes, un jeune homme observateur.

« Si t’es un bon coup, tu peux être très difficile à vivre » Le Wallace, entre les deux tireuses à bière, une jeune femme expérimentée.

«  Adam et Eve, ils étaient noirs ou ils étaient blancs…Tu vois ce que je veux dire ? » Le Boston, dans le sas, un jeune homme curieux.

« -C’est la reproduction ! -Ou l’illusion d’être éternel » À l’extérieur du Bec de Jazz, sûrement deux étudiants en philosophie

« C’est un trou, ça ne s’enlève pas. » Le DV1, le grand fumoir, moi-même.

Le recueil n’attend que vous pour s’enrichir, envoyez les bribes de pensées, de conversations, de balbutiement ici : [email protected]